Bienheureux CLEMENTE VISMARA

Samedi 15 juin 2019, par Secrétariat // LE SAINT DU JOUR

Bienheureux Clemente Vismara
prêtre italien missionnaire à Burma (✝ 1988)

Clemente Vismara est né à Agrate Brianza le 6 septembre 1897. Orphelin de père et de mère, il comprend pendant la première guerre mondiale, où il est pourtant décoré à trois reprises, que « la vie n’a de valeur que si on la donne aux autres ». Il décide alors d’entrer à l’Institut des Missions étrangères de Milan, aujourd’hui Institut pontifical pour les Missions étrangères (PIME). Devenu prêtre en 1923, il part pour la Birmanie quelques mois plus tard et est affecté au diocèse de Kengtung, dans le nord-est du pays, un territoire de jungle et de montagnes où vivent des populations aborigènes soumises à un roi local sous protectorat anglais. Sa mission sera Mong Lin, aux confins du Laos, de la Chine et de la Thaïlande. Dans l’un de ses nombreux courriers – la postulation a réuni plus de 2 200 lettres et 700 articles du missionnaire -, il témoigne : « Ici, je suis à 120 kilomètres de Kengtung : si je veux voir un autre chrétien, je dois me regarder dans un miroir. »

Mais en une trentaine d’années, dans ces collines réputées hostiles et isolées, le P. Vismara fonde trois paroisses (Mong Lin, Mong Phyak et Kenglap) et convertit une cinquantaine de villages. Vivant au milieu des déshérités, il soigne, éduque et surtout recueille de nombreux orphelins et enfants abandonnés (une mission à laquelle il se consacrera toute sa vie). A sa mort, son premier orphelinat fondé à Mong Lin, comptera plus de 200 enfants.

En 1956, il est envoyé à Mong Ping, territoire des ethnies animistes akha et lahu, une région instable et minée par les guerres tribales et le trafic d’opium. Il y fonde une ville chrétienne, crée deux paroisses, et évangélise une cinquantaine de villages.

Durant son apostolat de 65 ans en Birmanie, le P. Vismara aura fondé cinq districts missionnaires, construit des chapelles, des églises, des écoles, des dispensaires et des hôpitaux, introduit des nouvelles techniques d’agriculture et d’irrigation, créé des lieux d’accueil pour les pauvres, les lépreux, les handicapés et surtout les orphelins qu’il ne cesse de recueillir, malgré son manque de moyens, un fait qui lui est souvent reproché par ses confrères PIME ou les religieuses de Marie Enfant qui l’assistent dans ses oeuvres. Le prêtre, qui vit plus pauvrement que ses fidèles, fait confiance à la Providence, ayant coutume de dire : « Aujourd’hui nous avons tous mangé ; demain le Seigneur y pourvoira ». Il se dépense néanmoins sans compter pour obtenir des aides, écrivant à des bienfaiteurs partout dans le monde, collaborant à différentes revues.

En 1966, alors que les missionnaires arrivés après la guerre sont expulsés, il est l’un des 31 prêtres PIME à rester. Le P. Vismara ne quittera jamais la Birmanie, y compris pendant la seconde guerre mondiale où il sera fait prisonnier par les Japonais.

Le « patriarche de Birmanie », titre qui lui avait été octroyé par Jean-Paul II lors de ses 80 ans, meurt à Mong Ping le 15 juin 1988, à l’âge de 91 ans. A son enterrement, une foule de croyants de toutes religions se presse, sa réputation de sainteté étant déjà considérée comme acquise au sein de la population de la région. Aujourd’hui, sur sa tombe devenue un lieu de pèlerinage, défilent catholiques, bouddhistes, protestants, animistes et musulmans, qui, parfois de très loin, viennent demander son intercession.

« La demande de béatification est vraiment venue des populations locales », témoigne Mgr Than, évêque émérite de Kengtung, qui a bien connu le P. Vismara. Le prélat souligne qu’aucun missionnaire en Birmanie « n’a jamais suscité une telle dévotion et une telle demande des fidèles pour qu’il soit déclaré saint ». Depuis sa mort, il y a un peu plus de vingt ans, fleurissent un peu partout des images pieuses représentant le P. Vismara, que l’on retrouve jusque dans les écoles, les bâtiments publics, les pagodes où elles côtoient le Bouddha et les maisons où elles trônent sur l’autel des ancêtres. Sur la tombe du missionnaire, toujours couverte de fleurs et de bougies, on vient invoquer le « saint des enfants ». Des centaines de garçons et de filles ont reçu ou pris pour nom de baptême ou de profession le nom de Clemente ou Clementina.

La cause en béatification, a été menée rapidement : de 1996 à 2008, date où la Congrégation romaine pour les causes des saints a reconnu les « vertus héroïques » du Serviteur de Dieu Clément Vismara, il ne se sera écoulée que douze années, un temps très court pour ce type de procédure.

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