Bienheureux JEAN DOMINICI

Mercredi 10 juin 2020, par Secrétariat // LE SAINT DU JOUR

Bienheureux Jean Dominici
Frère prêcheur, évêque de Budapest (✝ 1413)

Le bienheureux Jean Dominici, dominicain, cardinal et archevêque de Raguse, né vers l’an 1359, à Florence, d’une famille pauvre, mais pieuse, qui ne pouvant lui donner une éducation brillante, s’appliqua à l’élever dans la piété. Il passa sa première jeunesse dans les travaux communs et dans les pratiques de la religion. Il fréquentait souvent l’église des dominicains de Florence, et à dix-huit ans il demanda d’entrer d.tns leur couvent. On ne voulait pas d’abord le recevoir, lorsqu’un des frères prédit que le postulant rendrait un jour de grands services à l’Église, et là-dessus il fut admis sans difficulté. Pendant son noviciat, Jean Dominici montra tant de régularité et de ferveur qu’il devint bientôt un objet d’admiration pour la communauté. Après sa profession il s’appliqua à l’étude : comme il donnait au travail tous les moments qui n’étaient pas consacrés à des exercices de piété, et qu’il ne prenait de nourriture et de sommeil qu’autant qu’il le fallait rigoureusement pour se soutenir, il faisait des progrès étonnants ; bientôt il fut en étal de suivre un cours de théologie. Il devint si habile dans celle science que les supérieurs voulaient qu’il se fit recevoir docteur ; titre qu’il refusa par humilité.

Il obtint des succès remarquables dans la prédication ; il prêchait souvent jusqu’à cinq fois par jour, et ses discours, aussi soldes que touchants, remuaient tous les cœurs. Après avoir exercé son talent à Florence et dans d’autres villes de la Toscane, il alla se faire entendre à Rome, où il opéra de nombreuses conversions dans toutes les classes, mais surtout parmi les débauchés et les femmes de mauvaise vie. Son zèle s’étendit aussi jusqu’aux monastères, qui, à cette époque, avaient grand besoin de réforme, et il en fonda plusieurs dans lesquels il établit une régularité parfaite, afin qu’ils pussent servir de modèle aux maisons qui étaient tombées dans le relâchement ; aussi mérita-t-il le litre de restaurateur de la discipline régulière eu Italie. Parmi les personnes qu’il gagna à Dieu et qu’il conduisit dans les voies de la perfection, on peut citer saint Antonin, qui devint ensuite archevêque de Florence.

Le pape Boniface IX, ayant cru devoir publier une croisade contre Bayezid I, qui menaçait la chrétienté, chargea eu 1394 le P. Jean Dominici de la prêcher dans diverses provinces d’Italie ; mais celle croisade n’eut pas lieu, à cause de la division que le grand schisme d’Occident mettait parmi les princes chrétiens. Grégoire XII, qui connaissait depuis longtemps le mérite du bienheureux Jean, le fit venir auprès de lui, lorsqu’il eut été élevé sur le Saint-Siège, pour l’aider à pacifier l’Eglise. L’ayant ensuite nommé dans un archevêché important, l’humble dominicain fut obligé par obéissance d’accepter cette dignité ; mais il s’abstint de se faire sacrer, dans l’espérance qu’il pourrait se soustraire au fardeau de l’épiscopat, et aussi parce que, se trouvant retenu à Rome, il se voyait dans l’impossibilité de résider dans son diocèse. Grégoire XII, pour récompenser ses talents et ses services, le créa, en 1408, cardinal du titre de Saint-Sixte. Cette élévation, que Jean n’avait pas recherchée, fut pour lui une source d’amertume ; comme il possédait l’estime et la confiance du pape, on l’accusa de s’être emparé de l’esprit du pontife, et on le regardait comme un ambitieux avide d’honneurs. Le bienheureux Jean ne fut pas plus ébranlé par ces calomnies qu’il ne l’avait été parles applaudissements que lui avaient valus ses succès dans la prédication. Il montra la même patience envers d’anciens cardinaux, qui, mécontents de sa promotion, refusaient de reconnaître en lui la dignité dont il était revêtu.

Après que le concile de Pisé eut élu Alexandre V, il pressa vivement Grégoire XII de renoncer à la tiare ; mais il ne put obtenir cette renonciation qu’au concile de Constance. Aussitôt que cette importante affaire, à laquelle il eut plus de part que personne, eut été consommée, il quitta en plein concile les insignes du cardinalat, qu’il ne se croyait plus en doit de porter, et il alla se placer parmi les évêques. Le concile, touché de celle noble conduite, l’engagea à reprendre son rang et le confirma dans ses dignités. L’humble cardinal continua donc à siéger dans cette auguste assemblée, qui le regardait comme une de ses lumières. Il y ménagea autant qu’il put les intérêts de Grégoire XII, son bienfaiteur, et contribua à l’élection de Martin V, qui mit fin au schisme : il eut lui-même plusieurs voix pour la papauté.

L’empereur Sigismond, qui savait apprécier la haute sagesse du cardinal, désira qu’il fût chargé de faire recevoir en Bohême les décrets du concile et de ramener les Hussites à l’unité catholique. En conséquence, Martin V le chargea de cette mission par une lettre très flatteuse, datée du 10 juillet 1418, et Jean partit aussitôt pour ce royaume, désolé par les révoltes et les cruautés des disciples fanatiques de Jean Hus. Le saint cardinal, voyant que ses efforts étaient sans résultat, passa en Hongrie, où il espérait plus de succès, et il se trouvait à Bude lorsque Dieu lui fit connaître que sa fin était prochaine. Atteint d’une fièvre grave, il se fit administrer les derniers sacrements de l’Eglise et demanda d’être enterré sans cérémonie et comme un simple religieux, chez les frères de Saint-Paul-Ermite. Il mourut le 10 juin 1419, âgé de près de soixante ans. Le pape Grégoire XVI approuva en 1832 le culte qu’on lui rendait de temps immémorial.

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