Le Bienheureux JACQUES SALES

Vendredi 7 février 2020, par Secrétariat // LE SAINT DU JOUR

Le Bienheureux Jacques Salès

Jacques Salès et Guillaume Saultemouche furent martyrisés pour leur défense de la présence réelle dans l’Eucharistie, pendant un conflit avec les Huguenots pendant la période de la plus intense des guerres de religion en France.

Jacques Salès (1556-1593) suivit les cours à l’école des Jésuites de Billom de 1568 à 1572 et développa une forte dévotion pour Notre Seigneur dans le Saint Sacrement. Il désirait devenir jésuite, mais estima qu’on avait besoin de lui à la maison, car il était le fils unique de ses parents. Il déménagea à Paris pour étudier au collège de Clermont et prit conscience que son désir de devenir jésuite était plus fort que jamais. Son père l’autorisa à entrer au noviciat de Verdun en 1573.

Ses propres études amenèrent le jeune jésuite à devenir professeur de théologie à Pont-à-Mousson en 1585. Il désirait être missionnaire et écrivit au Père Général Claudio Acquaviva pour être accepté n’importe où en Amérique, en Chine ou au Japon. La réponse fut négative ; le Père Général lui rappela que la France était aussi un pays de mission, vu le conflit entre catholiques et Huguenots (Calvinistes français). Le père Jacques Salès décida de se consacrer à lutter contre les erreurs des Huguenots. Il continua à enseigner à l’Université et prêcha quelques missions dans des villes des environs, y compris Metz qui était un centre de Calvinistes fervents. Des Calvinistes se joignaient parfois aux catholiques lors de ses conférences et essayèrent de les interrompre en le huant. Malgré cela, le père Salès réussissait à conforter les catholiques dans leur foi.
En 1590 le père Salès fut envoyé à Tournon pour prendre la chaire de « théologie controversée » ; là il fut chargé d’établir un plan d’études qui traiteraient des questions qui divisaient les catholiques et les protestants, démontrant la vérité du catholicisme et répondant aux objections des protestants. Il continua, entretemps, à circuler dans la région pour donner des conférences, et il écrivit différentes brochures pour aider les gens à comprendre la vraie théologie, une de ces brochures expliquait l’Eucharistie.
Sa dernière mission eut lieu en 1593. Le baron de Montréal avait régulièrement demandé aux jésuites de donner les sermons pendant l’Avent et le Carême à Aubenas, une ville que les catholiques avaient reconquise sur les Huguenots. Le baron désirait quelqu’un capable de réfuter les pasteurs Calvinistes qui devenaient de plus en plus audacieux dans leurs attaques contre les catholiques. Le père Salès fut choisi pour cette tâche, il était accompagné du Frère Saultemouche (1557-1593), qui avait été portier à Pont-à-Mousson et qui était connu pour sa simplicité et sa gentillesse. Le père Salès débuta ses sermons à Aubenas le 29 novembre, expliquant la foi catholique sans insulter ni dénigrer les protestants. Après avoir terminé à Aubenas, il se rendit dans d’autres villes de la région, mais il y retourna avec le frère Saultemouche le 5 février 1593 parce que la tension entre catholiques et Huguenots était devenue plus vive.
Ce soir-là le professeur jésuite visitait une famille Calviniste, quand il entendit à l’extérieur des bruits de foule ; il se dépêcha de se rendre à l’église catholique où il trouva le frère Saultemouche. Ils prièrent quelque temps et retournèrent à la résidence. Tôt le matin suivant trois soldats pénétrèrent de force dans la résidence des jésuites et trouvèrent ceux-ci en prière. Ils furent emmenés au quartier général des Huguenots et furent examinés par des pasteurs calvinistes qui essayèrent en vain d’amener les jésuites à renier leur foi. Frustrés par l’intransigeance du père Salès, le pasteur chargé de l’interrogatoire décida que les jésuites seraient mis à mort. Des soldats emmenèrent le P. Salès dehors où ils rencontrèrent le Fr. Saultemouche qui insista pour accompagner son compagnon. Sur la place près du quartier général on demanda encore une fois au P. Salès de renier sa foi en la présence réelle du Christ dans le Saint Sacrement.
Quand il refusa un soldat lui tira une balle dans le dos et il tomba à terre. Un soldat lui planta alors sa baïonnette dans la poitrine. Le Fr. Saultemouche entoura le prêtre de ses bras et fut poignardé à mort. Alors les Calvinistes firent traîner les corps des deux jésuites à travers Aubenas. Six jours après les corps furent jetés dans les ruines d’une ancienne église qui était employée comme dépotoir.
La même nuit deux catholiques vinrent récupérer les corps et les enterrèrent dans un jardin tout proche.

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