Les 7 dons de l’Esprit Saint

Mercredi 1er juillet 2020, par Secrétariat // CONFIRMATION

Le mois de juin étant traditionnellement celui des Confirmations, il nous a paru intéressant d’ouvrir un dossier sur ce sacrement bien méconnu.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’agit d’un sacrement qui fait l’objet de nombreuses discussions sur beaucoup de plans.

Au niveau pastoral : on ne se souvient pas de la différence entre Premières Communions, Communion solennelle, Profession de foi, Confirmation… Mais les anciens se souviennent surtout de la gifle (qui est un rite secondaire). Mais si on demande ce que c’est… personne ne pourra dire ce que c’est.

Au niveau théologique  : ce niveau conditionne les autres lieux d’incertitude. On sait qu’il y a un effet spécifique de la grâce mais… lequel ? Certains pensent qu’un baptisé non confirmé serait un « demi chrétien »… mais est-ce que le baptisé n’a pas reçu l’Esprit Saint en plénitude le jour de son baptême ? On est chrétien ou on ne l’est pas… Parler de semi chrétien semble une erreur. Spontanément, en effet, on associe la confirmation au don de l’Esprit et à la Pentecôte. Mais ce don est fait lors du baptême. D’où question !

Au niveau liturgique  : le signe essentiel a évolué. Dans l’Eglise ancienne, il semble que dans les premiers siècles, le signe principal était l’imposition des mains. Depuis, le rite essentiel est devenu l’onction du Saint Chrême.

Au niveau de l’association des sacrements  : ce qu’on appelle « l’économie sacramentelle », la Confirmation fait partie intégrante des trois sacrements d’initiation que sont le Baptême, l’Eucharistie et la Confirmation. A l’origine, Baptême et Confirmation étaient associés dans une unique célébration, ce qui est toujours le cas en Orient ou lors du Baptême des catéchumènes (sauf cas particuliers). Si bien que le fait de le dissocier pose question.

Il nous faut donc revenir aux fondements de l’Ecriture Sainte et les premiers textes des Pères de l’Eglise, afin d’essayer d’y voir plus clair !
A la différence du Baptême, il n’existe pas de fondement direct du rite de la Confirmation dans les gestes et les actes du Christ. En effet, Jésus n’a jamais pratiqué un rite d’onction ou d’imposition des mains dans un contexte de Baptême. Mais il est important d’enraciner les sacrements dans les actes du Christ, si bien qu’en entrant en profondeur des Ecritures, nous pouvons trouver trois passages qui peuvent être rattachés à la Confirmation.
Les récits de l’Ascension chez St Luc  : nous avons la finale de l’Evangile selon St Luc où Jésus bénit les Apôtres afin d’avoir le cœur apte à recevoir la force du témoignage. Et dans l’introduction du Livre des Actes des Apôtres, Luc commence par l’Ascension où nous voyons une bénédiction et la Pentecôte. Certains ont vu cette double étape (imposition des mains et Pentecôte) comme un double don de l’Esprit Saint, et surtout on relit cela à la promesse du Christ de l’envoi de l’Esprit Saint dans l’Evangile selon St Jean lors de la Cène. Le souci est que toutes ces constatations valent pour le don de l’Esprit Saint lors du Baptême… L’effet immédiat de la Pentecôte est de provoquer le baptême. Ce passage est donc un fondement incertain…

Dans le Livre des Actes des Apôtres, au chapitre 8 (Ac 8, 5-24)  : on voit Philippe donnant le Baptême en deux temps : le Baptême puis Pierre et Jean qui font le don de l’Esprit Saint. Cela semble dire que ce don est réservé aux Apôtres. Ce don est une imposition des mains et une prière (et non une onction). C’est sûrement la pratique de l’Eglise primitive.

Le troisième texte se trouve également dans le Livre des Actes, au chapitre 19 (Ac 19, 1-6) : les Johannites d’Ephèse qui reçoivent le Baptême au nom de Jésus-Christ (et le don de l’Esprit Saint après l’imposition des mains). On a une unique célébration à deux temps.

Il y aurait deux autres textes :
Dans la Lettre aux Hébreux (He 6, 1-2)
, où il est mentionné le Baptême et l’imposition des mains. Mais aujourd’hui, les spécialistes ne sont pas d’accord sur l’interprétation à donner à ce passage.
Dans l’Evangile selon St Jean au chapitre 20 : Jésus apparaît à ses Apôtres et leur dit « recevez l’Esprit Saint ». Mais il s’agit d’un contexte de pardon des péchés, et non d’un contexte baptismal, avec des manifestations particulières liées au don de l’Esprit. Là aussi, nous ne pouvons pas garder ce passage à cause d’une certaine incertitude.
Les deux textes des Actes (Ac 8 et 19) sont donc les fondements pour la Tradition afin de justifier les deux sacrements distincts pour le don de l’Esprit Saint.
Très vite, les Pères de l’Eglise se sont saisis de cette question en mentionnant une double action : le Baptême et une manifestation spéciale par le don de l’Esprit. Nous pouvons citer trois Père de l’Eglise : St Cyprien de Carthage : qui souligne que le geste de l’imposition des mains appartient aux évêques uniquement, Tertullien (160-220 ap. JC)  : parle d’un Baptême dans l’eau pour le pardon des péchés et une imposition des mains pour le don de l’Esprit Saint. Depuis, ses successeurs ont relevé que cette position n’était pas tout à fait exacte, mais nous pouvons relever que cette position de Tertullien confirme à son époque la présence de deux temps différents.

St Cyrille de Jérusalem : dit qu’après avoir été immergé dans le Jourdain, l’Esprit Saint est venu sur le Christ, comme deux actions étroitement liées, mais distinctes. Mais le souci est que le don de l’Esprit Saint a été fait en plénitude lors de l’Annonciation, pour le Christ ! Ce qui nous empêche de tirer des conséquences !
Ainsi, cette brève étude de l’Ecriture et des Père de l’Eglise nous permet de conclure sur une réalité : dès le départ de l’Eglise, il y a eu deux temps d’un seul rite, et la dissociation se fera par la suite.
Le mois prochain, nous aborderons donc l’histoire du sacrement de Confirmation, en commençant par le rite dans l’Eglise primitive.

+Franz

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