Saint BARTHELEMY ( NATHANÄEL)

Samedi 24 août 2019, par Secrétariat // LE SAINT DU JOUR

Saint Barthélemy
Apôtre et martyr
(† vers l’an 71)

Barthélemy, appelé par le Sauveur, vécut avec lui, assista à ses prédications, entendit ses paraboles, fut le témoin de ses vertus divines.

Après la Pentecôte, il fut envoyé prêcher l’Évangile dans l’Inde, au-delà du Gange. Dans tous les pays qu’il dut traverser, il annonça Jésus-Christ, Rédempteur du monde.

Son zèle et ses prodiges eurent bientôt changé la face de ces contrées ; non seulement il convertit les foules, mais il ordonna des Prêtres pour le seconder et consacra des Évêques. Quand, plus tard, Saint Pantène évangélisa ce pays, il y trouva l’Évangile de Saint Matthieu, apporté là par Barthélemy.

En quittant les Indes, l’Apôtre vint dans la grande Arménie. Dans la capitale de ce pays, il y avait un temple où l’on rendait les honneurs divins à l’idole Astaroth, et où l’on allait lui demander la délivrance des sortilèges et lui faire prononcer des oracles ; le prédicateur de la Foi s’y rendit, et aussitôt l’idole devint muette et ne fit plus de guérisons.

Les démons avouèrent aux prêtres de ce faux dieu que la faute en était à Barthélemy, et leur donnèrent son signalement ; mais l’Apôtre se fit assez connaître par ses miracles ; il délivra du démon la fille du roi, et fit faire à l’idole, en présence d’une foule immense, l’aveu public de ses fourberies ; après quoi le démon s’éloigna en grinçant des dents.

Une merveille si éclatante convertit le roi et une multitude de personnes ; la famille royale et douze villes du royaume reçurent bientôt le Baptême.

Le démon résolut de se venger ; l’Apôtre fut saisi par le frère du roi et condamné à être écorché vif.

Les bourreaux inhumains s’armèrent de couteaux et de pierres tranchantes et écorchèrent la victime de la tête aux pieds ; de telle sorte que, n’ayant plus de peau, son corps montrait une chair sanglante percée de ses os. Il eut ensuite la tête tranchée.

Le corps écorché et la peau sanglante de l’Apôtre furent enterrés à Albane, en la haute Arménie ; il s’y opéra tant de miracles, que les païens furieux, enfermèrent le corps du Bienheureux dans un cercueil de plomb et le jetèrent à la mer.
Mais le cercueil, flottant sur l’onde, vint heureusement à l’île de Lipari, près de la Sicile.

Plus tard, les Sarrasins s’emparèrent de cette île et dispersèrent les saintes reliques ; mais un Moine reçut, dans une vision, l’ordre de recueillir les ossements de l’Apôtre. Le corps de Saint Barthélemy est aujourd’hui à Rome, son chef à Toulouse.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.

Biographie.

Si les évangélistes, et la tradition après eux, désignent habituellement le sixième apôtre sous le nom de Barthélemy, c’est-à-dire fils de Tolmaï, il est généralement convenu de l’identifier avec ce Nathanaël que l’on voit amené par Philippe à Jésus, au début de l’évangile selon Saint Jean (I 45-51).

Jésus, rencontrant Philippe qui, comme Pierre et André, était de Betsaïde, lui dit : « Suis-moi. »

Philippe qui était lié à Nathanaël n’a rien de plus pressé que d’aller trouver son ami : « Celui dont ont parlé Moïse et les prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus de Nazareth, fils de Joseph » ; mais Nathanaël était un homme réfléchi, versé dans les saintes Ecritures, qui n’était pas disposé à se laisser emporter par un enthousiasme passager, et c’est dans ces dispositions, en homme de bonne volonté, cherchant la lumière qu’il avait écouté Jean-Baptiste.

Sans doute, assis sous un figuier, près de Cana, revoyait-il en esprit la figure inspirée du Baptiste, et repassait-il les mots brûlants tombés de ses lèvres, entretenant l’espérance de voir lui-même le Messie.

Encore qu’il doutait qu’il pût sortir quelque chose de bon de Nazareth, il accepta de suivre Philippe.

Lorsque Jésus lui révéla l’avoir vu sous le figuier, avant que Philippe l’appelât, Nathanaël qui comprit que Jésus avait eu la connaissance de son état d’âme, ne résista plus : « Tu es le fils de Dieu, le roi d’Israël ! »

Quant à nous, nous admettons l’existence du regard de Jésus, mais d’une manière trop souvent théorique qui reste extérieure à notre vie morale et religieuse ; il n’entre pas, dans nos décisions, comme l’élément primordial, toujours présent, et, pourtant, ce regard est inéluctable, infaillible, il atteint jusqu’aux mouvements les plus secrets de notre cour.

Ce n’est pas un regard de curiosité qui se donne libre cours, mais le regard d’un ami qui n’utilise ce qu’il voit que pour mieux répandre ses bienfaits, fût-ce sur ceux qui en sont les plus indignes : ainsi, dans le but d’écarter Judas de l’abîme, Jésus le regarde.

Daigne le Seigneur, par l’intercession de Saint Barthélemy, nous faire la grâce d’être attentifs à son regard posé sur nous et nous donner la force de détruire les obstacles qui nous empêchent de le voir.

ROME, le 4 octobre 2006 - (E.S.M.) - Le Saint Père Benoît XVI a développé sa catéchèse de ce mercredi sur l’apôtre Barthélemy. Cet apôtre, sur lequel on ne possède presque rien, est important pour nous, a dit le Pape.

Catéchèse de Benoît XVI : texte intégral

Le Saint Père Benoît XVI a développé sa catéchèse sur l’apôtre Barthélemy.

Chers frères et soeurs,
Dans la série des apôtres appelés par Jésus pendant sa vie terrestre, celui qui retient aujourd’hui notre attention est l’apôtre Barthélemy, annonce Benoît XVI.

Dans la liste anciennes des douze, il apparaît toujours avant Matthieu, tandis qu’il change le nom de celui qui le précède : dans quelques cas c’est Philippe (Cf. Matthieu 10.3 ; Cadres 3.18 ; Luc 6,14) ou tu Prends (Cf. Faits 1,13).

Son nom est évidemment patronymique, parce qu’il fait une référence explicite au nom du Père.

Il s’agit d’un nom de caractéristiques probablement araméenne, "bar Talmay", qui signifie "fils de Talmy".
Nous n’avons pas d’importantes nouvelles de Barthélemy, précise Benoît XVI. De fait, son nom apparaît toujours et seulement dans la liste des douze que j’ai citée avant et, par conséquent, il n’est le protagoniste d’aucune narration.

Traditionnellement cependant, il est identifié, sous le nom de Nathanaël : un nom qui signifie "Dieu a donné".

Ce Nathanaël était originaire de Cana (Cf Jean 21,2) et, par conséquent, il est possible qu’il ait été témoin d’un grand "signe" effectué par Jésus en ce lieu (Cf Jean 2.1-11).

L’identification des deux personnages est probablement due au fait que Nathanaël, dans la scène de vocation racontée par l’Evangile de Jean, est placé près de Philippe, c’est-à-dire, à la place que tient Barthélemy dans les listes des apôtres rapportées dans les autres Evangiles.

À ce Nathanaël, Philippe avait dit :" Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. "(Jean 1, 45).

Comme nous le savons, Nathanaël lui a porté un lourd préjugé : "Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon ? " (Jean 1,46).

Cette contestation est importante pour nous. Elle nous permet de voir que, selon les attentes des juifs, le Messie ne pouvait pas venir d’un peuple si obscur, comme c’était le cas de Nazareth (Cf. aussi Jean 7,42).

En même temps, toutefois, elle montre la liberté de Dieu, qui surprend nos attentes, en se montrant précisément là où nous nous ne l’attendons pas.

D’autre part, nous savons que, en réalité, Jésus n’était pas exclusivement "de Nazareth", mais il était né à Bethléem (Cf. Matthieu 2.1 ; Luc 2,4).

L’objection de Nathanaël, par conséquent, n’avait pas de valeur, puisqu’elle reposait, comme il arrive fréquemment, sur une information incomplète.

Le cas de Nathanaël nous suggère une autre réflexion : dans notre relation avec Jésus, nous ne devons pas seulement nous contenter des paroles. Philippe, dans sa réponse, présente à Nathanaël une invitation significative : "Viens et vois" (Jean 1,46b).

Notre connaissance de Jésus demande avant tout, une expérience vivante : le témoignage d’une autre personne est certainement important, parce que normalement toute notre vie chrétienne commence avec l’annonce grâce à plusieurs témoins.

Mais nous devons être nous-mêmes grâce à plusieurs témoins mais il dit ensuite, nous devons être impliqués personnellement dans une relation intime et profonde avec Jésus, souligne Benoît XVI.
De manière analogue, les Samaritains, après avoir entendu le témoignage de leur concitoyenne que Jésus avait rencontrée près du puits de Jacob, voulurent parler directement avec Lui et, après cet entretien, dirent à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous a dit que nous croyons maintenant ; nous l’avons entendu par nous-mêmes, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde ! » (Jn 4, 42).

En revenant à la scène de vocation, l’évangéliste nous rapporte que, lorsque Jésus voit Nathanaël s’approcher, il s’exclame : « Voici un véritable fils d’Israël, un homme qui ne sait pas mentir » (Jn 1, 47).

Il s’agit d’un éloge qui rappelle le texte d’un Psaume : « Heureux l’homme... dont l’esprit est sans fraude » (Ps 32, 2), mais qui suscite la curiosité de Nathanaël, qui réplique avec étonnement : « Comment me connais-tu ? » (Jn 1, 48a).

La réponse de Jésus n’est pas immédiatement compréhensible. Il dit : « Avant que Philippe te parle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu » (Jn 1, 48b).

Nous ne savons pas ce qu’il s’est passé sous ce figuier. Il est évident qu’il s’agit d’un moment décisif dans la vie de Nathanaël. Il se sent touché au plus profond du cœur par ces paroles de Jésus, il se sent compris et comprend : cet homme sait tout sur moi, Il sait et connaît le chemin de la vie, je peux réellement m’abandonner à cet homme.

Et ainsi, il répond par une confession de Foi claire et belle, en disant : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » (Jn 1, 49).

Dans cette confession apparaît un premier pas important dans l’itinéraire d’adhésion à Jésus. Les paroles de Nathanaël mettent en lumière un double aspect complémentaire de l’identité de Jésus : Il est reconnu aussi bien dans sa relation spéciale avec Dieu le Père, dont il est le Fils unique, que dans celle avec le peuple d’Israël, dont il est déclaré le roi, une qualification propre au Messie attendu.

Nous ne devons jamais perdre de vue ni l’une ni l’autre de ces deux composantes, car si nous ne proclamons que la dimension céleste de Jésus, nous risquons d’en faire un être éthéré et évanescent, et si au contraire nous ne reconnaissons que sa situation concrète dans l’histoire, nous finissons par négliger la dimension divine qui le qualifie précisément.

Nous ne possédons pas d’informations précises sur l’activité apostolique successive de Barthélemy-Nathanaël.

Selon une information rapportée par l’historien Eusèbe au IVe siècle, un certain Panteno aurait trouvé jusqu’en Inde les signes d’une présence de Barthélemy (cf. Hist. eccl. V, 10, 3).

Dans la tradition postérieure, à partir du Moyen Âge, s’imposa le récit de sa mort par écorchement, qui devint ensuite très populaire.

Il suffit de penser à la très célèbre scène du Jugement dernier dans la Chapelle Sixtine, dans laquelle Michel-Ange peignit Barthélemy qui tient sa propre peau dans la main gauche, sur laquelle l’artiste laissa son autoportrait.

Ses reliques sont vénérées ici à Rome, dans l’église qui lui est consacrée sur l’Ile Tibérine, où elles furent apportées par l’empereur allemand Otton III en l’an 983.

En conclusion, nous pouvons dire que la figure de Saint Barthélemy, malgré le manque d’information le concernant, demeure cependant face à nous pour nous dire que l’on peut également vivre l’adhésion à Jésus et en témoigner sans accomplir des œuvres sensationnelles. Jésus est et reste extraordinaire, Lui à qui chacun de nous est appelé à consacrer sa propre vie et sa propre mort.

Synthèses : Audience de Benoît XVI

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