Saint HYGIN

Samedi 11 janvier 2020, par Secrétariat // LE SAINT DU JOUR

Saint Hygin
Pape (9e) de 136 à 140 (✝ 140)

Hygin est le 9e pape. Il régna entre 136 environ et 140–142.

On lui doit l’instauration des parrains et marraines lors du baptême afin d’assister le nouveau-né dans sa vie future. Il a également décidé que toutes les églises devraient être consacrées.

Il est mort en martyr sous Marc Aurèle

L’Église fait aujourd’hui la mémoire de saint Hygin, Pape et Martyr. Ce saint Pontife occupa la Chaire Apostolique sous le règne d’Antonin, et termina par le martyre un Pontificat de quatre années. La plupart de ses actions nous sont restées inconnues ; mais nous vénérons en lui un des anneaux de cette sublime succession de Pontifes qui nous rattache, par saint Pierre, à Jésus-Christ. Plein de fidélité et de force, il porta tout le poids de l’Église, à cet âge des persécutions durant lequel le Pontife suprême fut constamment une victime vouée à la mort. Il obtint de bonne heure la palme immortelle, et alla rejoindre, aux pieds de l’Emmanuel, les trois Mages qui avaient annoncé le salut à la Grèce, sa patrie. Prions-le d’accompagner de ses vœux l’offrande que nous faisons au divin Enfant, dans ces jours où il ne nous demande pas notre sang par le martyre, mais nos cœurs par la charité.

Après Télesphore, saint Irénée ajoute : ‘Ensuite Hygin’. La commémoration de saint Hygin n’est entrée dans le Missel romain que durant le bas moyen âge, car à Rome, à l’exception des deux Princes des Apôtres, presque tous les martyrs des deux premiers siècles n’avaient laissé anciennement aucune trace de culte liturgique. En effet, les depositiones Episcoporum et Martyrum contenues dans le Laterculus Philocalien ne nous offrent que les noms des pontifes et des martyrs romains du IIIe et du IVe siècles ; comme on ignorait généralement la tombe de ceux qui étaient morts pendant les deux siècles précédents, la station annuelle (natalis) qui aurait dû être célébrée près de leur sépulcre n’est pas même indiquée dans l’antique Férial.

Cette lacune, parfaitement justifiable, alors que le culte des martyrs avait un caractère éminemment local et sépulcral, et quand le sens matérialiste de la société païenne aurait pu méconnaître encore la signification véritable de la dévotion catholique envers les saints, la calomniant comme une forme nouvelle de religiosité polythéiste, cette lacune, disons-nous, fut comblée au contraire par l’Église, dès que tout danger d’équivoque put être écarté et que la foi rayonna sur tout l’univers.

Aujourd’hui, en raison de l’octave de l’Épiphanie, le natale de saint Hygin est célébré à la messe par une simple commémoraison.
Hygin et les gnostiques

Selon le catalogue libérien (IVe siècle) Hygin aurait été douze ans évêque de Rome, mais dans son Histoire ecclésiastique, Eusèbe de Césarée ne lui en attribue que quatre, de même que certaines versions du Liber Pontificalis. Ces incertitudes sur la durée de son épiscopat indiquent à quel point il est encore incertain de retracer les faits concernant son oeuvre. Hygin est considéré comme saint & martyr bien Eusèbe de Césarée ne lui en accorde pas la palme. L’Eglise a suprimé son culte qui se célébrait le 11 janvier, en 1969 en raison de l’insuffisance de données historiques (sic), mais biUne période faste pour les débats d’idées.

Hygin monte sur le trône de St Pierre peu avant ou peu après l’accession au pouvoir d’Antonin le Pieux(138-161). Cet empereur n’a pas moins que lui d’admiration pour les philosophes. De l’Episcopat d’Hygin les auteurs anciens Eusèbe et Irénée, qui restent ce jour les seules sources fiables, ne relèvent que trois événements : la venue à Rome des gnostiques Valentin & Cerdon, ainsi que la conversion de Marcion à l’hérésie de Cerdon. Le disciple étant bien plus célèbre que le maître, cette doctrine porte aujourd’hui le nom de Marcionnisme. Ce serait aussi à cette époque que les maximes d’Epictète (esclave devenu philosophe stoïcien) se répandent à Rome. Sa grande maxime était : s’abstenir et souffrir. Arien son disciple se retire à Athènes et y écrit Entretiens et manuel d’Epictète. Curieusement ce philosophe païen fut parfois considéré comme un auteur chrétien et au XIXe l’abbé Rohrbacher écrit à propos de ce manuel : " avec l’orgueil et la dureté du stoïcisme par l’humilité et la charité chrétienne, on pourrait placer ce livre à la suite de tant de livres plus excellents que le christianisme a multiplié partout ".

L’hérésie de Valentin

Doué d’une indéniable éloquence, Valentin avait espéré un évêché dans l’île de Chypre. En 143, il sera candidat à celui de Rome, où il arrive vers 140. Sa candidature sera rejetée et il sera chassé de la communauté chrétienne. Dans le passé, on n’a connu sa doctrine que par la réfutation qu’en ont faite les Pères de l’Eglise. Aujourd’hui, on pense en avoir une idée plus directe à travers les écrits de Nag Hammadi, dont certains, d’après les spécialistes, se rattachent à l’école valentinienne, en particulier le Tractatus Tripartitus. Selon cette doctrine, le Père, principe premier absolu, transcendant, invisible et incompréhensible, s’unit à sa compagne, la Pensée ( Ennoïa ). Il engendre les quinze couple des Eons, entités abstraites et éternelles émanées par le Père, qui forme le Plérôme ( la plénitude divine à rapprocher des Séphirot de la Kabbale). Sophia (Sagesse), le dernier des Eons, veut "connaître le Père", brisant ainsi l’unité et créant la dualité sujet-objet (observant-observé), et donc les désirs, les passions et le mal. Sophia est rejetée ainsi que sa création, elle donne naissance à une sagesse d’ordre inférieure. Au sein du Plèrôme un nouveau couple est crée : le Christ et sa compagne féminine le Saint Esprit. Ayant retrouvé la pureté, le Plèrôme émane le Sauveur Jésus. Ayant pitié de Sophia, il lui envoie le Sauveur, qui en lui transmettant la gnose, la débarrasse des passions qu’elle épprouvée. De leur rencontre naissent les anges.

Tout ceci se passe avant la création du monde matériel. Apparait ensuite le Démiurge composé d’un élément hylique (ou matière) et d’un élément psychique auxquels s’ajoute l’élément pneumatique (spirituel) qui lui est insufflé par Sophia que l’on appelle désormais " La Mère ", dont il n’a pas conscience. Le Démiurge, qui est le Dieu de la Genèse, crée le monde matériel (êtres célestes-astres-, hommes, animaux, plantes) qui tous sont composés des trois principes hylique, psychique et pneumatique, l’un de ces principes dominant sur chaque être. Le principe hylique est matériel et mortel. Le principe pneumatique est immatériel et immortel. Le principe psychique est intermédiaire et peut s’agréger soit au principe hylique et mourir avec lui, soit au principe pneumatique et devenir comme lui immortel (retourner à l’unité autrement dit au Plèrôme avec lui). La fin des temps se produit au moment ou le dernier être pneumatique est libéré de la dualité.

La gnose de Marcion

Marcion émet l’idée que l’Evangile provient par l’intermédiaire du Christ d’un Dieu supérieur à celui de l’Ancien Testament, le Dieu étranger ; idée déjà implicite dans la gnose de Valentin. L’évènement est daté de 142, sans qu’il y ait pour autant de preuve formelle. Il en conclut que l’Ancien Testament est incompatible avec l’esprit chrétien. Il rompt avec l’Eglise et adhère aux enseignements de Cerdon*, sans que l’on puisse préciser si le Marcionisme est conforme ou non à sa doctrine ; on peut le résumer ainsi : Il existe trois cieux. Le ciel le plus élevé est celui du Dieu transcendant et ineffable que l’humanité ne connaît que depuis la venue du Christ, c’est le Dieu du Salut. Dans le second est le Démiurge ou Dieu créateur du monde, celui de la Genèse, un Dieu tyrannique et jaloux qui, dans cette doctrine, fait figure de Diable. Le troisième ciel est celui du monde matériel. Le Dieu de la Genèse, avec l’aide de la matière crée l’Adam et la Terre. Il constate alors la noblesse de sa création et tente de la confisquer à son seul profit " Adam je suis Dieu et il n’en est point d’autres que Moi ! il ne doit y avoir pour toi, à part Moi, nul autre Dieu. Si tu tenais d’autres Dieux que Moi, saches que tu mourrais de mort." (Résumé de la doctrine du Dieu de l’Ancien Testament par Jean Doresse). Adam s’éloigne alors de la matière, mais celle-ci s’en aperçoit et suscite une multitude de dieux. Elle égare l’homme en créant une multitude de divinités qu’il adore. Déçu par sa création, le Dieu de la Genèse la précipite alors dans l’enfer. Le Dieu Etranger, celui du Salut, envoie alors son fils unique, Jésus Christ, qui par le moyen de la Croix, descend dans l’Enfer pour délivrer ce qui y est captif et l’élever jusqu’au troisième ciel. Le Dieu de la Loi ( Celui de la Genèse ) entre alors dans une grande colère. Il déchire le voile du Temple et cache le soleil. Le Fils revients sous sa forme divine ( la Résurrection ) pour lui demander compte de sa mort apparente. C’est seulement à ce moment que le Dieu de la Loi apprend l’existence d’un Dieu Supérieur. Jésus exige du Dieu de la Loi que quiconque croira en Lui, lui appartiendra et sera sauvé. Ensuite il révèle à Paul les conditions et le prix du Salut et l’envoie prêcher la rédemption.

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