Saint MÉLAINE

Mercredi 6 novembre 2019, par Secrétariat // LE SAINT DU JOUR

SAINT MÉLAINE
Evêque de Rennes
(† v. 530)
Né probablement à Platz (ou Plets), actuel Brain-sur-Vilaine (aujourd’hui commune de La Chapelle-de-Brain), près de Redon, où une église5 lui est dédiée, Melaine serait d’origine aristocratique et fils de riches propriétaires gallo-romains. Très jeune, il aurait décidé de faire de sa maison familiale un monastère.

Selon la « Vita S. Melanii major », Melaine entre en relation avec un certain Eusebius, dux ou rex de la cité de Vannes, sans doute gallo-romain d’après son nom gréco-latin, qu’il guérit ainsi que sa fille et qui lui attribue en remerciement la paroisse de Comblessac6. Sans être le fondateur de l’évêché de Rennes, il est considéré comme son premier grand représentant et son patron, alors qu’apparaissent les sept saints fondateurs de l’Église bretonne. Désigné par saint Amand comme successeur en 505, il devient par la suite conseiller de Clovis qu’il encourage à construire de nouvelles églises. Lui-même s’attache par la prédication à « extirper les misérables erreurs des païens »7.

Entre 511 et 520, il écrit conjointement avec les évêques de Tours et d’Angers à deux moines bretons, Catihernus et Louocatus, une lettre de remontrances sur la célébration de rites qui semblent propres aux chrétiens celtes : « Nous avons appris, par un rapport du vénérable prêtre Sparatus, que vous ne cessez de colporter dans les cabanes de vos compatriotes certaines tables sur lesquelles vous célébrez le divin sacrifice de la messe avec l’assistance de femmes auxquelles vous donnez le nom de commensales (conhospitoe) et qui, pendant que vous distribuez l’eucharistie, administrent au peuple le sang du Christ8. » Il leur enjoint, sous peine d’excommunication, de mettre fin à ces pratiques9.

Sa vie est émaillée, comme celle de la plupart des saints, de faits extraordinaires qui attestent de son envergure de personnage civilisateur et politique. La date de son décès est aussi vague que celle de sa naissance, peut-être le 6 novembre 535 (ou bien 572 ou plus probablement en 530). Il est enterré sur la colline du Champ du Repos à Rennes. C’est là que fut construite l’abbaye Saint-Melaine10, aujourd’hui pro-cathédrale Notre-Dame-en-Saint-Melaine de Rennes.
Miracles

Sa popularité est en grande partie liée aux miracles qui se seraient produits tant au cours de sa vie et qu’après sa mort. En effet, pendant que son corps était transporté en barque sur la Vilaine depuis Plaz jusqu’à Rennes, il libère des voleurs enfermés dans une tour, où une brèche se creuse au passage de la barque, pendant que les prisonniers voient leurs chaînes tomber.

Deux auteurs ont raconté sa vie. Un premier auteur anonyme la rédige sans doute au VIIe siècle. Celui-ci est largement recopié11 au XIe siècle par Gervais de Belleme, évêque du Mans, et ensuite archevêque de Reims, qui relate dans une courte notice plusieurs miracles opérés à l’ouest de la Mayenne12, par son intercession. L’un d’eux13 qui eut pour théâtre Argentré peut avoir donné naissance à la paroisse de Saint-Melaine14 érigée à deux lieues de là sur la commune actuelle de Laval, ou du moins lui avoir fait donner ce patronage.
Rôle politique

« Melanius regardait le fardeau de l’épiscopat, qu’on lui avait imposé, comme l’obligeant à s’occuper des affaires publiques, à s’inquiéter des soucis de la foule, des questions qui troublaient le monde, à se prêter dans une certaine mesure aux mœurs du siècle15. »

Son premier biographe explique ainsi pourquoi, devenu évêque de Rennes, il exerce un rôle politique en servant d’intermédiaire entre la population gallo-romaine et le nouveau pouvoir franc, que Clovis met en place. Selon Salomon Reinach (d’après Procope de Césarée et Grégoire de Tours), il aurait négocié avec saint Patern et Clovis pour établir en 497 un traité entre les Francs, les Gallo-Romains d’Armorique qu’il représentait et les Bretons. Les deux derniers peuples ne payaient pas de tribut, mais reconnaissaient la suprématie des Francs. Selon Léon Fleuriot, la conversion de Clovis et de son peuple était la condition non écrite du traité ce qui leur aurait permis de recevoir en échange un appui décisif, car garanti par l’Église, dans la lutte contre les autres peuples germaniques.

En 511, il joue un rôle de premier plan au concile d’Orléans qui réunit l’épiscopat gaulois autour de la récente monarchie franque « où trente-et-un pères décrétèrent des canons, dont le principal auteur fut saint Melaine évêque de Rennes »16. Il s’y fait l’avocat des cités de Bretagne occidentale qui, sans avoir été soumises aux Francs, avaient conclu des traités avec eux.

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