Saint TANGUY

Mardi 19 novembre 2019, par Secrétariat // LE SAINT DU JOUR

Saint Tanguy
abbé en Bretagne (date ?)

Durant l’absence de Jugdual, Roi de Bretagne Domnonée, lequel s’était réfugié en France chez le Roi Childebert, en l’an de grâce 525, il y avait en Bretagne un noble Seigneur, nommé Galonus, Seigneur de Trémazan, lequel, en premières noces, épousa la fille d’ Honorius, Prince de Brest, nommée Florence. De leur mariage naquirent Haude & Gurguy, lesquels furent élevés soigneusement par leur mère en la crainte de Dieu ; et sitôt que l’âge le permit, elle les fit instruire, Gurguy és bonnes Lettres, et Haude dans les exercices séant à son sexe et à sa qualité. Sur ces entrefaites, la bonne Princesse tomba malade et mourut, les laissant orphelins en fort bas âge. Les funérailles et le temps de veuvage expirés, Galonus (qui était encore jeune), voulut se remarier, et ne trouvant aucun parti à son gré dans toute la Bretagne, rechercha en Grande Bretagne une belle dame, riche et de bonne maison, mais malheureusement infectée de l’hérésie de Pelagius et fort opiniâtre dans ses erreurs ; Cette recherche ayant réussi, Galonus passa la mer, et l’ayant épousée, l’emmena en son pays.

Cette nouvelle dame ne fut guère arrivée en son ménage, qu’elle commença à regarder de travers nos jeunes Saints et à se montrer telle une vraie marâtre en leur encontre ; elle les rudoyait et les maltraitait de parole et en actions et leur tint ces rigueurs huit ans durant. Au bout de huit ans de ce régime, Gurguy, déja grand, et à qui le sang commençait à bouillonner dans les veines, ennuyé d’être si maltraité par cette femme, dans la maison de son père, se résolut de quitter le pays pour quelque temps, et en obtint congé de son Père, lequel lui donna une bonne somme d’argent et un train honorable. Il alla à Brest prendre congé de son aïeul Honorius, puis monta sur un navire, et en peu de jours, fut porté à la côte de Normandie (Alors appelée Neustrie), descendit à Cherbourg, puis se rendit à Paris, où il demeura prés du Roi Childebert, l’espace de douze ans, sans se faire reconnaître, paraissant sur les rangs des tournois et des courses, et se faisant signaler entre les plus vaillants et les plus courageux qui se trouvaient en cette cour. Le Roi, ayant reconnu ses qualités, le pria de demeurer près de lui et lui donna une très importante rente afin qu’il séjourne au palais.

Pendant tout ce temps, sa soeur Haude se résolut d’endurer, pour l’amour de Dieu, les travers que sa marâtre lui donnerait ; laquelle ne manqua pas de déployer sa rage sur elle, en haine de sa vertu, et tout spécialement de sa Religion. Elle lui ferma son cabinet et son Oratoire, congédia la plupart de ses demoiselles de compagnie et de ses servantes pour l’obliger à faire le service de la maison, même de la cuisine, puiser l’eau et balayer les salles et les chambres. Quand on sonnait la Messe dans la Chapelle du château, elle l’occupait expressément à quelque service, pour la priver de cette consolation de son Ame. Néanmoins, jamais la sainte fille ne s’en offensa, et jamais il ne lui échappa une parole d’impatience, de mécontentement, ou un simple murmure. Elle obéissait gaillardement à son père et à sa marâtre, les servant gaiement et promptement. Comme le jour, elle ne pouvait vaquer à ses prières et à ses exercices de dévotion, à cause la multitude d’occupations qu’elle avait, elle y occupait la meilleure partie de la nuit, qu’elle employait en prières et méditations. Sur avis de son Confesseur, Chapelain de son père, elle se résolut à ne jamais se marier, mais à prendre Jésus-Christ pour unique époux de son Ame. Elle était si serviable vers les pauvres, que, voyant que sa marâtre avait supprimé les charités et aumônes qu’on faisait du vivant de sa défunte mère, elle retranchait de son ordinaire pour le donner aux pauvres, se contentant pour elle-même de gros pain sec et de viandes grossières.

Galonus, admirant la patience de sa fille et voyant la sainte vie qu’elle menait, en était émerveillé et reprenait souvent sa femme de l’indignité dont elle usait envers une si vertueuse fille ; mais la malicieuse hérétique ne manquait pas non plus d’arguments pour calomnier la sainte fille et pour l’affliger. L’ayant, un jour, trouvée en train de porter l’aumône aux pauvres, elle la battit outrageusement et jeta par terre le pain qu’elle portait, le foula aux pieds et le fit jeter aux chiens. Haude prit patience et ne lui répliqua mot, n’y ne s’en plaignit.
Cependant, Gurguy, son frère unique, était à Paris à la cour, mais inconnu, et n’avait jamais demandé de ses nouvelles depuis son départ, de sorte qu’on le croyait mort ; ce qui donna l’idée à plusieurs jeunes Seigneurs de rechercher Haude en mariage, tant pour sa rare beauté et ses belles qualités d’esprit et de corps, que pour les grands biens dont elle devrait jouir un jour. Ces seigneurs vinrent voir son père et lui firent ouvertement connaître leurs désirs, dont il fut bien aise. La sainte Fille, qui avait promis à Dieu de garder inviolablement le lys de sa virginité, fut troublée de ces recherches et supplia notre Seigneur de la délivrer de ce danger. Dieu l’exauça, et de la malice de sa marâtre tira un préservatif de sa chasteté ; car cette malicieuse femme, appréhendant l’avancement de Haude, l’envoya dans une métairie éloignée, lui défendant de s’en éloigner tant qu’elle ne fut pas demandée. Haude remercia notre Seigneur de cette faveur et se retira de la maison paternelle en ce lieu, où elle pouvait vaquer, sans aucun empêchement, aux exercices de piété ; et, par son exemple, attira plusieurs filles au service de Dieu.

Ayant passé deux ans en cette métairie, son frère Gurguy s’en vint au pays, si brave et en tel équipage, qu’on ne pouvait le reconnaître. Ayant entendu dire que sa soeur était malmenée par sa marâtre, il voulut en avoir claire connaissance et défendit à ses gens de le nommer, ni de dire à quiconque qui il était. Il frappa à la porte du château de son Père,et fut conduit dans une salle où se trouvaient plusieurs jeunes Demoiselles, qu’ il salua, et, n’y voyant pas sa soeur, demanda où elle était. Sa marâtre, voyant que ce jeune Seigneur demandait après Haude, et craignant qu’il ne la voulut en mariage, le tira à part et lui décrivit Haude comme une fille perdue. Elle lui annonça aussi que pour éloigner une telle infamie de la maison, on avait été contraint de l’envoyer aux champs ; Gurguy crût trop légèrement les calomnies de cette femme et s’en alla chercher sa soeur. Ayant laissé ses gens au château de son père ; et,l’ayant trouvée prés d’une fontaine lavant quelques hardes, l’appela par son nom ; elle, qui ne le reconnaissait plus, du fait qu’il avait été si longtemps absent. Ne sachant pas à quelle fin il l’appelait, elle laissa ses hardes et s’enfuit vers la métairie. Gurguy, se souvenant des propos que sa marâtre lui avait tenus sur sa soeur, s’imagina qu’elle avait vraiment failli à son honneur ; et l’ayant reconnu, n’osait pas se présenter devant lui.

Cette fausse impression le mit tellement en colère que, mettant la main à l’épée, il la poursuivit vivement et l’ayant attrapée, lui décocha un si grand coup sur le cou, qu’il lui trancha la tête. Le corps de sa soeur étant tombé par terre, Gurguy vit son corsage mouillé et l’ayant ouvert, il trouva de gros caillons de lait qu’elle y avait caché. Ne sachant pas ce que cela voulait dire, il s’enquit auprès des voisins de quelle vie menait Haude, et il apprit d’eux qu’elle était une sainte et vertueuse demoiselle, qui menait une vie exemplaire et avait étonné tout ce pays par l’admirable patience avec laquelle elle supportait les outrages de sa marâtre, laquelle la traitait si indignement, que, non contente de l’avoir chassée de la maison de son père, et envoyée en ce chétif hameau, elle lui déniait le boire et le manger. Malgré tout cela, Haude n’abandonnait pas ses pieux exercices, et ne pouvant partager sa pitance avec les pauvres, car espionnée de prés par ceux que sa marâtre avait payé pour épier ses actions, elle faisait cuire des caillons de lait qu’elle cachait en son sein, pour les donner aux pauvres, pour qui elle était une vraie mère consolatrice.

Gurguy, en écoutant ce récit, pensa se donner la mort sur le champ, se rendant compte qu’au seul rapport de sa marâtre, dont il connaissait la malice et la haine qu’elle portait à sa soeur, il l’avait si malheureusement massacrée. Il s’en retourna chez son père, ou il se fit reconnaître et lui raconta le forfait qu’il avait commis de sa propre main. Galonus fut affligé de cette triste nouvelle, laquelle fut d’autant plus agréable à sa femme, qu’elle haïssait Haude ; mais Dieu, tira de ce massacre la conversion de Gurguy et punit exemplairement la malice de sa marâtre ; car sainte Haude entra dans la salle où se trouvaient son père, son frère et sa marâtre, tenant sa tête en ses mains, tête quelle recolla à son tronc ; merveille qui étonna toute l’assistance.

Alors, sainte Haude, se tournant vers sa marâtre, lui reprocha ses perfidies, et lui dit que, puisqu’elle ne voulait pas s’amender, Dieu la punirait présentement ; et, à l’instant, elle fut saisie d’un flux de ventre si violent, qu’elle vida tous ses boyaux et intestins et les forces lui manquant, elle tomba à terre. Alors il se fit un horrible éclat de tonnerre, dont la foudre, tombant en cette salle, foudroya cette méchante femme, en présence des assistants. Puis sainte Haude se tournant vers son frère Gurguy, le consola et lui dit : « Quand vous m’avez poursuivie et mise à mort, je ne vous connaissais pas, et mon sang innocent, criait déjà vengeance devant le Trône de Dieu ; Mais, vous ayant reconnu, j’ai prié Dieu pour vous, et supplié sa sainte Mère d’obtenir votre pardon, et de détourner la punition sur notre marâtre. » Gurguy, plus mort d’effroi que vif, se rassura quelque peu et, s’étant prosterné aux pieds de sa soeur, lui demanda pardon.
Sainte Vierge Haude rendit l’âme, le 18 novembre l’an de grâce 545. Son corps fut inhumé en l’Eglise paroissiale de Landunvez, au Sépulcre de ses Ancêtres, où Dieu l’a illustrée de grands miracles.

IX - Dès que la Sainte eut rendu l’esprit, Gurguy sortit de la maison de son père et s’en alla en la ville d’Occimor, trouver S. Paul, Evêque de Léon, qui le reçut aimablement, écouta sa confession et lui enjoignit de suivre un jeûne de 40. jours : Gurguy receut humblement cette penitence ; &, pour mieux l’accomplir, se retira en une forest, qui estoit entre les villes de Land-Terne & Brest, où il se bastit une petite loge & y passa sa quarantaine en continuelles prieres, veilles & larmes, ne se substantant que de racines, de glands, de meures & autres fruits sauvages : car il n’avoit porté en ce lieu aucune provision, mais s’estoit entierement jetté entre les bras de la Providence de Dieu, laquelle ne luy manqua pas ; car, au bout des 40. jours, comme il prioit, la face prosternée contre terre, un corbeau, qui avoit son nid en un arbre auprés de sa cellule, luy apporta un beau pain blanc, par le commandement de celuy qui, par le ministere de semblables oyseaux, avoit jadis substanté les Helies, Pauls & Antoines dans les deserts. Gurguy receut ce pain, rendit grâces à Dieu, & s’en substanta ; &, en memoire de cette penitence du Saint, ce lieu s’appelle encore à present Coat-Tanguy, c’est à dire Boys ou Forest de Tanguy.

X - Ayant accompli sa pénitence, il revint vers son Prélat S. Paul, qu’il trouva dans la salle de son manoir épiscopal, avec cinq ou six de ses Chanoines ; et dès qu’il parut dans cette salle, saint Paul et ceux qui l’accompagnaient virent sa tête environnée d’un globe de feu, en forme de guirlande ou cercle flamboyant, dont ils furent bien étonnez, & de là S. Paul prit occasion de luy changer son nom, & voulut qu’au lieu de Glu-guidas il s’appelât, desormais , Tanguidus. du mot Breton Tan, qui signifie Feu : Tanguy se jetta aux pieds de saint Paul, luy demanda sa benediction & le supplia humblement de le vouloir recevoir en son monastere de Bâaz ; ce que S. Paul luy accorda, & luy donna l’habit de son Ordre audit Monastere, auquel il vécut en une si grande sainteté & perfection, que saint Paul, ayant fondé le Monastere de Gerber (ruiné depuis par les Normands), l’en fit premier Abbé, luy donnant douze Religieux pour peupler son nouveau Monastere, lesquels il tira des Monasteres de Bâaz & d’Oûessant.

XI - En cette Prélature, il fit paroître l’excellence de ses vertus & les belles qualitez dont il estoit avantagé ; il amassa nombre de Religieux, & y attira, par son exemple, plusieurs jeunes Gentils-hommes, lesquels donnerent des terres, heritages & revenus pour l’entretien du Monastere ; tous lesquels il gouvernoit avec une singuliere prudence & rare exemple de sainteté : Il estoit doux & (cha-ritable) envers son prochain ; mais envers soy-même rude & austere, sobre, patient, humble, & tellement assidu à l’Oraison, qu’il sembloit à ceux qui le frequentoient estre toûjours ravy & absorbé en Dieu. Il alloit souvent voir son maître S. Paul à Occismor, pour luy communiquer de ses exercices & recevoir ses (...) avis touchant le gouvernement de son Monastere. Ayant ouy dire que le Seigneur de Tremazan, son pere, déja caduc & vieil, estoit malade, il le fut visiter & consoler, le disposant à bien mourir ; le bon vieillard fut fort rejouï de voir son fils & luy donna plusieurs terres & heritages, tant pour son Monastere de Gerber que pour en fonder d’autres, s’il le jugeoit à propos ; &, entr’autres, lui donna depuis le cap de Pennarbed, en bas Leon (qu’à present on nomme Saint-Mathieu de fine
terre, ou du bout du monde), le long de la mer, qui du grand Ocean Occidental entre dans le goulet du golphe de Brest, jusqu’à la riviere de Caprel (c’est à dire le Havre de Brest), comprenant partie du bourg de Recouvrance, au dessus duquel se voit, encore à présent, une ancienne tour ronde, à demie ruinée, que les anciens appeloient la Bastille de Quilbignon & à présent s’appelle la Motte-Tangug, sous laquelle y a quelques
maisons qui appartiennent aux Seigneurs du Chastel Tremazan.

XII - Quelques temps aprés , une flotte de navires Leonnois qui estoit allée trafiquer en Egypte, trouva moyen d’enlever subtilement le chef du glorieux Apostre & Evangeliste S. Mathieu, lequel ils emporterent en Bretagne ; ayans passé le Raz de Fontenay, sans danger, comme ils vouloient doubler le cap de Pennarbed, l’admirai, qui portoit la sainte Relique, heurta de roideur un grand escueil qui paroissoit à fleur d’eau ; alors, ceux qui estoient dedans crierent misericorde , pensans estre tous perdus ; mais (chose merveilleuse !) le roc se fendit en deux, donnant libre passage au vaisseau qui étoit chargé d’un trésor si precieux, lequel ils mirent à terre à la pointe dudit cap & allerent rader au havre du Conquest, qui est là auprés ; &, en memoire de ce miracle, ce cap fut appelé Loc-Mazhé-Traoun, c’est à dire, lieu Occidental consacré à S. Mathieu, auquel saint Tanguy (à qui cette terre appartenoit) se resolut de construire un Monastere par la permission de S. Paul.

XIII - Saint Tanguy vouloit edifier au même endroit auquel le Chef du saint Apostre avoit esté posé, lors qu’on le descendit du navire, tout sur la pointe & derniere extremité du cap ; mais plusieurs jugerent ce lieu incommode, pour estre sur le bord de l’Ocean, &, par consequent, exposé aux furies des vents, & sujet aux descentes des corsaires, & étoient d’avis de le bastir plus avant en terre ferme, à cinq ou six cens pas de là. S.Tanguy se laissa aller à leur opinion & fit charroyer les materiaux en ce lieu & ouvrir des fondemens ; mais Dieu montra, par un miracle évident, qu’il vouloit que ce Monastere fut edifié au lieu que le Saint avoit premierement choisi ; car, quand ils commencerent à travailler au massonnage, ce qu’ils avoient fait en un jour, ils le trouvoient, le lendemain, miraculeusement transporté au premier lieu ; ce qu’estant arrivé plusieurs fois, ils continuerent l’edifice audit lieu, avec telle diligence qu’en peu de temps l’edifice fut accomply, & S. Paul benit le Cimetiere, dedia l’Eglise & ordonna que S.Tanguy le peupleroit de Moynes de son Abbaye de Gerber, & en seroit Superieur en titre d’Abbé.

XIV - Il accomplit promptement cette obeïssance & fit venir huit des Religieux de Gerber, ausquels, avant le bout de l’an, il associa grand nombre d’autres qui y prinrent l’habit. Une fois entr’autres, le saint Abbé voulant aller à Occismor, voir son Maître & Pere S. Paul, le (ren-contra) en la Paroisse de Drenec, és rabines d’une maison noble ; aprés s’estre saluez, ils se retirerent tous deux seuls dans le bois de cette noblesse, ayans laissé leurs compagnons quelque peu à quartier, &, aprés une longue conference, s’étans mis en Oraison, ils furent recréez d’un concert melodieux de voix Angeliques, &, à même temps, un Ange leur apparut, leur donnant avis que, dans peu de jours, ils sortiroient de cette vallée de larmes & iroient jouir de la Couronne preparée à leurs merites. Les Saints se réjouirent extremément de cette bonne nouvelle ; &, à cause de cette apparition Angelique, cette maison noble fut nommé Coat-Elez, c’est à dire Bois aux Anges, nom qu’elle retient encore à present, & est distante de la ville de Lesneven de deux lieuês

XV - Saint Paul, ayant pris congé de son cher Disciple, se retira à Occimore, et S.Tanguy en son Monastère de Gerber, où il fut reçu par ses Religieux avec un extrême contentement ; mais leur joie ne fut guere longue, car il les mis au courant de la révélation qu’il avait eue et leur annonça le jour où il décéderait. Dés le lendemain, il tomba malade, reçût les Sacrements, mit en ordre ses affaires aux Monastere, et, ayant donné sa bénédiction à ses Religieux, confia son Ame aux mains de son Createur, le 12. mars l’an 594, le jour même où mourut St.Paul en son Monastere de Batz. Son Corps fut lavé et revêtu de ses ornemens Abbatiaux puis porté à l’Eglise, en attendant la mise en marche de son convoi funéraire. Quand tout fut prêt, il fut reverement porté du Monastere de Gerber à celui de Loc-Mazhé (pointe Saint Mathieu), où il fut enseveli dans le Cimetiere que S.Paul avait béni, et où Dieu a fait plusieurs Miracles par son intercession. De partout on vint se recueillir sur ce convoi, et bien qu’il fit un vent du nord fort violent, jamais aucune des torches, ou luminaires qu’on portait ne s’éteignit, le long du chemin, qui était d’environ quarant cinq kilomêtres.

Les Seigneurs du Chastel ont souvent porté le nom de Tanguy ; plusieurs d’entre eux se sont fait signaler et reconnaitre dans les Histoires Françaises et Bretonnes ; les mêmes Seigneurs ont fondé, prés de leur château de Trémazan, une belle chapelle en l’honneur de ces Saints, qui s’appelle Ker-Seant, c’est-à-dire, la Ville aux Saints.

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