Saints SERGE ET GERMAIN DE VALAAM

Vendredi 28 juin 2019, par Secrétariat // LE SAINT DU JOUR

Saints Serge et Germain de Valaam

Tant pour Serge que pour Germain, leurs dates de naissance sont inconnues. Serge est d’origine grecque, il accompagna les premiers missionnaires orthodoxes au 10me siècle à Novgorod la Grande. De là, il s’installa sur l’île de Valaam, une des îles du lac Ladoga en Russie, au nord de Saint Petersbourg, près de la Finlande. L’île était païenne, lieu des sacrifices où vivaient beaucoup de sages vieillards et de magiciens.

Serge s’établit dans une grotte du nom de Vaga, qui devint sa demeure habituelle. Sans armes, au milieu de païens violents, il se mit à annoncer l’évangile et à baptiser les habitants de l’île. Petit à petit, il construisit un monastère sur ces lieux et le Carélien Germain (Herman) le rejoignit pour continuer son oeuvre. Celui-ci serait originaire de la région de Sortavala, ville frontière avec la Finlande, près du même lac.

Le monastère, dédié à la Sainte Trinité, prit plus tard le nom de Monastère de la Transfiguration. D’après la tradition, il aurait été fondé en 992, mais la date reste incertaine. L’information historique a été détruite pendant les invasions des XIIme et XVIIme siècles. Le monastère fut abandonné et tous documents, très riches, détruits ou volés. Ainsi furent perdus ces biographies des saints Serge et Germain . On fait mention d’eux dans les Valaamskaya Beseda (Chroniques de Valaam) du XVIme au XVIIIme siècles.
Les anciennes chroniques de Novgorod nous relatent la découverte des reliques des deux saints et leur transfert à Novgorod pendant l’invasion suédoise, en 1163. Ils y restèrent jusqu’en 1180 pour être rendus, dans une procession solennelle, à Valaam, le 24 novembre, date où l’Église de Finlande célèbre le retour de leurs reliques. Ils y sont vénérés comme missionnaires et saints de la Carélie .

Sur l’activité pratique des deux moines, nous n’en savons pas davantage, mais nous pouvons voir, aujourd’hui encore, l’influence qu’ils exercèrent par leur fondation monastique à Valaam.

Le monastère de Valaam, appelé l’Athos du Nord.

Valaam est un archipel d’une cinquantaine d’îles, figées au moins six mois par an, ou davantage, dans les glaces de l’immense lac Ladoga. Là se trouve le plus ancien monastère de Russie.

Exceptionnellement, François Lespès a été autorisé à filmer la vie monastique sur l’île. Les moines n’ aiment pas être filmés. Lorsqu’ils arrivent sur l’île, ils ne sont pas nécessairement orthodoxes, certains sont des tatares, des musulmans, des boudhistes, des adeptes de l’ésotérisme ou des athées, l’un d’eux est même un ancien général qui a servi en Afghanistan.

En 1920, lorsque la Finlande acquit son indépendance à l’égard de la Russie, on y comptait 400 moines.

Fondé selon la tradition au 11e siècle, la prière du monastère de Valaam s’est interrompue pendant près de 50 ans, lorsque le régime communiste expulsa les moines de l’île dans les années 1940. A cette époque beaucoup d’églises furent détruites et l’île servit de base militiare.

Mais en 1989, six moines accostent à Valaam pour restaurer une vie monastique dont le fil avait été brisé. 23 ans plus tard, ils sont près de 150 à 200 et la plupart des églises dévastées ont été rebâties. Le monastère principal compte des skites (des ermitages) parsemés dans l’île, perdus dans les bois. Hors des temps liturgiques très longs (4 heures ) en plus des offices habituels (4 heures pour les vêpres), les moines s’adonnent au travail manuel, à la peinture d’icônes, aux veillées de nuit. Ainsi, le psautier dans son entier, est récité quotidiennement par un moine, y compris la nuit. Le travail et la prière sont les deux avirons des moines.

Aujourd’hui comme jadis, la vie monastique est réglée par le Typicon, la règle monastique du Mont Athos (Grèce). La nourriture des moines est faite de légumes et de céréales, produits des jardins du monastère. Pas de viande au menu. La liturgie est spécialement soignée. La prière orthodoxe sollicite tous les sens : les oreilles (chant), l’odorat (encens ) et la vue (icônes). Le chant Znamenny (chant des signes, parce que les signes sont les symboles, marques, crochets ou bannières utilisés pour indiquer la mélodie et pas les notes) est en restauration à Valaam. Znamennyest d’origine byzantine, Valaam avait ses propres mélodies que les moines essaient de retrouver.

L’icône de la Vierge de Valaam, la Valaamskaya, est vénérée au monastère. En 1897, la guérison miraculeuse d’une longue et douloureuse maladie eut lieu au monastère. Depuis lors, elle y est vénérée après avoir été sauvée des destructions communistes et gardée à Smolensk d’où elle revint en 1992.

Valaam est un refuge loin du chaos du monde moderne. Beaucoup de jeunes à la dérive y cherchent leur salut. Lors de rencontres sollicitées avec un moine, celui-ci essaie de voir en chaque être sa douleur, sa croix et d’y répondre par l’amour évangélique qui pardonne, est plein de patience et de tendresse, jusqu’à la miséricorde et la réconciliation. Amour que l’on rencontre peu dans le monde. Et pourtant, c’est de cet amour-là que le monde a soif. Le moine est appelé à en être l’incarnation bienfaisante à la suite du Christ.

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